À la découverte de la côte caraïbe du Costa Rica: Tortuguero!


Vers 21h, nous approchons le Costa Rica depuis le Nord-Est. Un noir total semble régner sur cette section de l’isthme appartenant au pays souvent surnommé la « Suisse » de l’Amérique centrale. Rien n’est visible depuis notre hublot si ce n’est que l’occasionnelle lueur qui pourrait bien être le simple reflet de la lune sur quelconque surface aquatique. Le pays semble profondément endormi, son repos dicté par celui du soleil. Tout à coup, une agglomération de maisons se dessine progressivement et devient plus affirmée. Nous survolons sans aucun doute les banlieues de San Jose, notre destination finale de la journée. De fait, quelques minutes plus tard, des montagnes se dessinent, témoignant de notre altitude décroissante et de la luminosité, elle, croissante. L’avion se pose finalement sur la seule piste de l’aéroport de Juan Santamaria, dans son orientation Est. Notre journée de déplacement tire (enfin) à sa fin. 

Nous sommes parés au choc de température qui nous attend à la sortie de l’aéronef, mais l’humidité a cette propriété de surprendre et de saisir malgré toute préparation mentale. La fatigue doit sans doute décupler l’effet, aussi. Cette nuit nous dormons dans une auberge de jeunesse en plein coeur de San Jose que nous rejoignons après une trentaine de minutes dans le Uber le moins onéreux que nous avons pris de notre vie. Première nuit dans un dortoir, mais certainement pas la dernière. Le tout, très propre et pratique. Nous sommes cependant étonné de constater que certains des résidents de cette auberge semble y avoir pris pied à terre, San Jose recèle-t-elle tant de trésors qu’il faille s’y attarder? Nous ne le saurons jamais.

En effet, le lendemain matin, le timbre des 6h nous réveille et nous propulse hors du lit alors qu’une douche rapide s’impose ainsi que les essentiels hygiéniques. Nous devons, en une heure, prendre un petit-déjeuner et marcher jusqu’au terminal des autobus en partance pour la côte atlantique, communément appelée la côte caraïbe. Car c’est à l’Est du pays que se déroule la première portion de notre périple au Costa Rica alors que nous longerons la majeure partie de cette frontière naturelle avec l’océan. Notre premier arrêt est Tortuguero, un petit village situé à l’extrémité d’un très grand parc national et accessible uniquement par bateau. 

Première expérience donc du gallo pinto ce matin, plat traditionnel et omniprésent dans le pays, qui consiste en du riz, des fèves noires et, le matin, d’œufs (remplacés le midi et le soir par une protéine animale au choix). Sitôt rassasiés, nos épaules se responsabilisent à nouveau du fardeau de nos sacs et nos jambes elles de la tâche de nous mener à temps au terminal de bus. La marche est un petit peu longue et bien que nous deviendrons en peu de temps des randonneurs aguerris, ce premier test est difficile, surtout sous cette nouvelle chaleur. 

Mais à coup de sillons dans les rues de la capitale, nous rejoignons éventuellement notre destination. Le brouhaha humain est bien présent et nous remarquons pour la première fois la forte présence de touristes. À 7h30, nous sommes finalement dans le bus et son moteur s’active à faire tourner ses grosses roues. Nous empruntons les routes sinueuses à la sortie de San Jose et faisons la connaissance de la conduite quelque peu chevaleresque des conducteurs d’autobus du Costa Rica. Pour nous rendre au point d’embarquement du bateau qui doit nous mener au village de Tortuguero, nous changeons à deux reprises d’autobus. Ces transferts se déroulent sans soucis et après quelques heures, nous arrivons à la limite de ce que nous pouvons parcourir par la route.

Car voyez-vous, le statut de parc national dans lequel le village se trouve interdit toute construction humaine. Aucun chemin ne relie donc le village de Tortuguero aux routes principales du pays. En débarquant du bus, une horde de vendeurs se démène à convaincre les touristes que leur bateau est le plus rapide, sécuritaire, confortable, etc. Rien n’est très réglementé ici et tout le monde semble en mesure d’offrir une traversée sécuritaire. Nous optons pour le service publique, mais il est honnêtement difficile de savoir si « service publique » n’est pas tout simplement le nom que se donne un service privé comme les autres, enfin. Le traversier est petit et plein. Environ une vingtaine de personnes peut y prendre place, nous sommes 25.  La traversée est assez longue et nous sommes partis pour environ deux heures de rivière sinueuse et marécageuse. Nous avons la chance d’observer une multitude d’animaux différents, allant du singe jusqu’au crocodile. Nous sommes déjà sous le charme de cette nature si différente de notre quotidien, verdoyante de vie et bourdonnante de chants animaux.

Mais tout enchantement a une fin, seulement cette fois-ci elle est heureuse car succédée par une autre belle surprise: Tortuguero. Elle est ville de couleurs, d’ambiance décontractée et elle épouse une plage sublime qui saura convaincre les sceptiques et emballer les amateurs. Tortuguero restera dans nos mémoires comme destination phare de ce voyage au Costa Rica et encore aujourd’hui en écrivant ces lignes nos souvenirs sont vifs. Notre résidence se trouve en retrait de la rue principale qui traverse l’intégralité du village et on emprunte une petite allée exiguë pour y parvenir.

L’endroit est idéal, hostel récemment rénové, propriétaires tout simplement affables et charmants, cuisine bien équipée et jardin propice à l’observation de toucans et d’iguanes. 

Mais nous reviendrons à l’auberge plus tard car une brève description du village s’impose. Ce qui saisi le regard en premier à Tortuguero ce sont les différentes couleurs qui ornent les murs des maisons. Celles-ci, principalement en tôle, sont petites et d’un confort visiblement modeste, mais leurs occupants, souvent assis sur le portique, sont indéfectiblement souriants.

Un grand terrain de football se trouve au centre du village et permet aux habitants comme aux touristes de se réunir pour former des équipes et s’affronter amicalement. Une rue principale parcours l’entièreté du village et celle-ci est bordée de part et d’autre par de multiples boutiques, restaurants et vendeurs ambulants. L’ambiance y est animée, de jour comme de soirée et on trouve toujours ce que l’on recherche dans la mesure du raisonnable. Une petite épicerie tenue par le bavard Ming permet aux backpackers de s’approvisionner en nourriture pour cuisiner et économiser. Pour notre part, ce fut une soirée cuisine et l’autre resto. 

Outre ce village gai et coloré, ce qui séduit le plus à Tortuguero est sa plage parfaite. De sable noire, elle est longue, large et propre. Même à la marée haute on possède encore plusieurs mètres de sable pour profiter du sable chaud et du soleil. L’eau est d’une température délicieuse et malgré les nombreux avertissements de courants forts et dangereux, la baignade y est populaire et franchement indispensable. 

Tortuguero est également reconnue pour son grand parc national que traverse un chemin d’une longueur de 8 kilomètres. Nous avons décidé de le parcourir aux premières lueurs du matin, choix idéal dans la mesure où la température est encore clémente et l’humidité moindre. Un compagnon inusité nous a joint pour ces quelques heures de découvertes faunique et florale. Nous n’avons pas eu à attendre très longtemps pour notre première observation. Après seulement quelques dizaines de mètres de marche, un son perçant nous a fait sursauté. Jaguar, ocelot, puma? Eh bien non, singes hurleurs et ceux-ci portent bien leur nom. Noire et de taille moyenne (environ la moitié du gabarit de l’homme moyen), ces relativement petits singes sont de réelles castaphiore de la forêt et s’amusent à hurler à tue-tête. Technique de drague? Peut-être, mais un peu unique quand même. Bref, une sympathique balade avec quelques pauses sur la plage qui elle nous accompagne sur notre flanc gauche tout le long du chemin. 

Avant de conclure ce premier épisode du Costa Rica à Tortuguero, quelques mots sur notre magnifique hostel: Aracari Garden. Tenu par un homme d’une affabilité sans pareil, cette propriété a tout pour plaire: une grande cuisine équipée de toutes les épices souhaitables, un espace commun muni de lits et d’un canapé confortable, un jardin qui attire iguanes et toucans à profusion et des chambres extrêmement propres et spacieuses. Ce premier hostel au Costa Rica fut donc un réel succès et si seulement tous ceux qui ont suivi avaient pu s’inspirer de l’idée directrice d’Aracari… Eh bien on aurait moins d’histoires loufoques en réserve pour vous! À bientôt alors que nous poursuivons notre exploration de la côte caraïbe du Costa Rica! 

5 réflexions sur “À la découverte de la côte caraïbe du Costa Rica: Tortuguero!

  1. Un peu de soleil dans nos journées de pluie, cela fait du bien.
    Il est vrai, cela faisait longtemps que vous n’aviez pas communiqué…
    Pensez à ceux qui sont au froid et/ou sous la pluie …
    Bises.

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  2. Bonsoir Vincent et Capucine,
    Je suis très contente de vous lire.
    Aimant les voyages et les aventures, il faut que je vous avoue que je suis un peu jalouse
    mais combien enchantée pour vous deux. Je vous aime et bonne continuation.
    Micheline XXX XXX

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